Le Camembert Anglais.

(Gastronomie géo-politique)


Si jamais un anglais passe par ici et s'il comprend un peu le français, il ne s'en remettra pas ! Quand je pense qu'ils ont brûlé Jeanne dans ma ville....!

Alain Trotel


C'était en fait les français qui ont brûlé Jeanne de la barbe au queue, lui ayant sans doute piqué la bougette, comme sait tout écolier anglais digne du nom. Evidemment, nous l'aurions fait bouillir à la menthe, ou peut-être en aurions fait un pudding.

(Il convient aussi d'expliquer que l'Angleterre n'est point une colonie français, mais plutôt normande. A vrai dire, le pays appartient aux Iles de la Manche).

PS: mon ancêtre presumé, un nommé de Lunel, a beaucoup aidé Guillaume dans son conquête. Je viens juste de decouvrir que le devis des de Lunel était (et ceci est vrai) un fond d'azur ou reposent des étoiles argentés avec fesse en or...

PPS: Mme Linnell va (ou vont, je suppose, parce qu'elle est deux maintenant) fort bien, surtout sa poitrine qui ne cesse pas de gonfler (j'ai la situation bien en main, ne vous inquietez pas).

Tim Linnell


A propos de ton arbre, il me semble l'avoir mentionné un jour, mais je n'en suis plus si certain (avec l'âge, c'est plus une mémoire, c'est un gruyère, alors que c'était jadis du comté, fromage sans trous).

Or donc, il appert qu'un chinois de Hong-Kong nommé Tim Lee Nheêll vint en france en 1566 pour enseigner au bon roi Henri III (qui ne l'était d'ailleurs pas encore) les différentes formes de l'art du bilboquet, y compris celui à deux boules et sans ficelle. Cet épisode marqua Henri pour le reste de sa vie. Il en garda une démarche pas très virile et hésita longtemps à prendre parti pour les catholiques ou les protestants car il avait décidé que si le bilboquet (celui a ficelle!!!) s'arrêtait d'osciller à gauche, il prendrait parti pour les protestants, et s'il s'arrêtait à droite, pour les catholiques. Il fut surpris que celui-ci s'arrête en plein milieu, car il avait beaucoup séché les cours de physique précisement pour jouer au bilboquet avec Thim.

Voila, je ne sais pas si c'est ton ancetre, mais j'ai cru bon de le preciser au cas ou ca pourrait te servir pour tes recherches personnelles. Je dois encore preciser que Tim Lee Nheêll est arrivé a pied par la Chine.

Pascal Goguey


Quoi qu'il en soit, Welcome à nos deux English qui nous rendent visite et qui, en plus, écrivent trés bien le français.

Alain Trotel


Si tu savais comment Tim traite ses camemberts, tu ne dirais pas çà ! :)

Philippe Sechet


On en apprend des choses ici! J'savais pas que Tim etait traiteur de Camemberts.

Peter J Lusby


Il a pourtant avoué lui-même s'adonner à la traite des camemberts. Histoire sans doute d'en retirer le lait... cru.

Mais maintenant qu'il a l'affaire en main, comme il dit lui-même en parlant des seins de sa femme qui gonflent car gravide, il se livre (anglaise) à la gravidation universelle.

J.P. Kuypers


Tim maintient une tradition qui remonte à ses ancêtres. Déjà au moyen-âge John Linnel, fils de John Linnel (à moins que ce ne soit John, fils illégitime de John, le frère de John), John Linnel donc, mettait ces camemberts sur le trottoir. Mais ce furent les camemberts de John Linnel (38ème du nom) qui devinrent célèbres à l'époque Victorienne. John tenait une maison close dans le fameux quartier Londonien de Whitechapel (euh, là je suis pas sûr du nom). Beaucoup de ses camemberts furent victimes d'un assassin psychopathe. L'histoire a été camouflée en crimes de dames de petites vertues et l'assassin fut connu sous le nom de Jack l' Eventreur. Mais c'était juste pour éviter une guerre avec la France. Enfin, Tim devrait pouvoir nous en dire plus.

Philippe Sechet


Je confirme. C'etait bien John Linnell, et non John Linnell bien que pendant très longtemps les camemberts l'aient cru!

Pascal Goguey


Ici en Angleterre on traite nos camemberts fort bien, comme tous les fromages etrangers d'ailleurs: on peut les accueillir dans notre foyer sans avoir à informer les autorités (bien qu'un petit mot pour prevenir Mme Linnell est vivement recommendé pour eviter les surprises olifactoires). Alors que quand nous vous envoyons nos Cheddars, nos Stiltons, nos Lymeswolds, de braves fromages qui ne cherchent qu'à vous faire plaisir, ils rencontrent un mépris generale avant, 5 fois sur 10, d'être bouter sans façon hors du pays. C'est triste à voir dans un pays renommé pour la liberté, la fraternité, et l'égalité de tous fromages, quel que soit leur pays d'origine.

Cependant (et je vais encore me faire traquer par MI6) j'ai une grande secret à vous annoncer. Il paraît que les expériences qui meneront au clonage de camemberts sont bien avancés ici. Bien sûr, on a dû commencer avec un sujet bien plus simple qu'un camembert, et on a donc choisi un mouton, en pensant sans doute que ça ferait un bon membre de parliament si l'expérience échouait. Evidemment, on compte passer prochainement aux feuilles de menthe (parce que sinon à quoi servirait le mouton?) mais le camembert est visé, avec un brin de génie génetique pour que ça devienne un peu moins mou et puant. On n'arrête pas le progres!

Tim Linnell


Grave erreur. Le camembert est fait avec du lait de vache folle. Le mouton, qui n'a pas de sexe, ne peut faire qu'un bon membre de parlement. Par contre, la brebis, clonée ou non, donne du Roquefort. Seule, Sa Très Gracieuse Sérénissime Majesté, Son Altesse le Prince Charles, nous a fait l'honneur de défendre le Roquefort. Qu'il en soit ici remercié, de la part des habitants du Sud du 45ième parallèle.

Jean-Claude Roussel


Mon cher Tim vous exagérez! D'abord le Stilton est sans doute un des plus grands fromages au monde et mérite le respect de tous les français. Quand il est vraiment bien choisi il est cent fois supérieur au "Bleu de bresse" ou à la "Fourme d'Ambert" sous cellophane. Quant au "Cheddar" qui je ne sais pourquoi est souvent orné de la bannière d'Ecosse à la croix de Saint-Andre argent sur fond d'Azur on le trouve à présent presque partout y compris dans les supermarchés de campagne: Est-il absolument "Genuine"? je ne saurais répondre. Quant au troisieme j'avoue à ma grande honte ne point le connaitre mais si ce n'est pas un fromage rouge, vert ,bleu, rose ou orange comme ceux, détestables, qu'on nous présente une fois par an dans mon supermarché de proximité à l'occasion de la "Semaine britannique", je suis tout-à-fait disposé à le tester avec un cracker et un verre de porto ou un vieux Bordeaux.

Jean-Paul Chadourne


> Ici en Angleterre on traite nos camemberts fort bien, [...]
Hormis le voyage en container plombé, qui peut s'expliquer par les procédures de quarantaine toutes britanniques, mais que, à ma connaissance, on n'a jamais infligé à un mouton, fusse-t-il cloné.

> Alors que quand nous vous envoyons nos Cheddars, nos Stiltons, nos Lymeswolds
De source bien informée, on assisterait de plus en plus fréquemment à des dégazages de CSL pendant la traversée du channel. On suspecte même de ce côté du channel qu'un cargo porte-container de CSL (et non de CLC), ayant sombré fin 95, soit à l'origine des problèmes du tunnel. Preuve en serait que l'inocuité des CSL est toute relative, à l'épreuve du temps.

"Tristan."


> Evidemment, on compte passer prochainement aux feuilles de menthe
Si la menthe est bien fouillée, pas de problème!

> (parce que sinon à quoi servirait le mouton?)
Ben, et la bergère? Elle aime beaucoup qu'on borde son mouton!

> mais le camembert est visé, avec un brin de génie génetique pour que ça
> devienne un peu moins mou et puant. On n'arrête pas le progres!
Ah ben voilà l'ultime phrase qu'il fallait éviter. Tu ne seras jamais un bon Français, mon cher Tim. Le camembert n'est pas mou et puant, mais tendre et délicieusement odorant. Le camembert entr'ouvre par son parfum les portes du paradis, et avec un grand vin au parfum de mystère (*), tu n'es plus dans ta cuisine sous le regard sévère de Madame, mais vautré sur la moquette de la voie lactée, en nef première classe vers le nirvana! Le Stilton, d'accord, c'est bon aussi, mais c'est la classe économique pour ne pas dire le strapontin, tout chauvinisme mis à part, bien sûr.

(*) Celle la, je l'ai marquée, parce que noyée dans le texte...

Pascal Goguey


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